Volmerange-les-Mines
La mémoire de la commune
Volmerange-les-Mines (en luxembourgeois : Wuelmereng) est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est. Ses habitants sont appelés les Volmerangeois.
Au fil de l’histoire
Les prospections archéologiques menées sur le ban communal ont permis de recueillir une quantité non négligeable d'outils et d'armes préhistoriques, artefacts attribuables à diverses périodes préhistoriques s'étendant du Paléolithique moyen à l'Âge du bronze. Il en va de même pour la période gallo-romaine. Du matériel protohistorique non datable avec précision a également été mis au jour lors de sondages archéologiques. Des trouvailles anciennes attribuées à la période mérovingienne sont également à signaler.
Anciens domaines de l'abbaye de Saint-Denis de Paris, avec prieuré, Volmerange et Kanfen étaient placés sous la protection des ducs de Lorraine. En 1531, l'abbaye royale vend ses biens à Bernard d'Elz, seigneurs d'Ottange. Aux Eltz succèdent les Hunolstein. En 1777, la seigneurie de Volmerange s'inscrit dans le comté d'Ottange.
Cet endroit dépendait autrefois en partie de la seigneurie de Rodemacher, une autre partie resortissait de la prévôté de Thionville et enfin, une troisième partie du territoire de la commune constituait une seigneurie autonome avec justice moyenne et foncière et droit à un château féodal, dépendante du siège prévôtal de Thionville. Ancien fief luxembourgeois, Volmerange passera sous obédience française en application du traité des Pyrénées (1659).
Avec le traité de Francfort, Volmerange (Wollmeringen) est annexée de droit à l'Allemagne, de 1871 à 1918. En application du traité de Versailles, la localité redevient française.
En octobre 1939, et pour une durée de près d'un an, la population de Volmerange est évacuée à l'arrière de la ligne Maginot, en Lorraine mais aussi et surtout dans les départements de la Vienne (Saint-Genest d'Ambière, Scorbé-Clairvaux), le Calvados, l'Orne ainsi qu'en Bourgogne. En mai et juin 1940, de violents combats opposent Allemands et Français. Le député Félix Grat est tué au combat au lieu-dit Hetschenberg.
En 1940, la région est occupée (annexion de fait) par l'Allemagne nazie et ce, pendant cinq ans environ. À la Libération, Volmerange-les-Mines repasse dans le giron français.
Le francique, langue vernaculaire du Nord-Mosellan, présente des particularités locales. Ainsi, le langage des Volmerangeois se distingue de celui de ses voisins (vocabulaire, expressions spécifiques, diphtongues etc.). Il a survécu aux diverses annexions, malgré les actions répressives menées par l'école de la République, le diktat prussien et le régime nazi.
L'essor démographique de la commune est alors consécutive à l'arrivée massive d'ouvriers allemands, luxembourgeois, italiens et polonais, embauchés dans les exploitations locales de minerai de fer.
Après-guerre, des liens de sympathie, d’amitié, de reconnaissance se sont créés avec Saint-Genest-d'Ambière dans le Poitou et le Lencloitrais. Quelques mariages entre jeunes des deux communes se sont concrétisés. Pour conforter ces relations amicales, à l’initiative de messieurs Willy Backes, Dino Balestra et Maurice Thile, les Volmerangeois sont invités, à l’occasion des fêtes de la Pentecôte 1958, à venir disputer une rencontre de football. Ce fut l’occasion pour bon nombre de personnes de se retrouver. Les Ambigariens leur rendirent visite à leur tour en 1959, et depuis, les rencontres se sont répétées tous les deux ans.
Les origines du nom
Le nom de la localité est attesté sous les formes Wurmeringen en 909; Wallmeringen en 1305; Walmeringa en 1335; Woilmeringen ou Wollmeringen en 1472; Wolmering en 1506; Walmerange en 1725; Volmerange en 1793; Wolmerange au XIXe siècle; Volmerange-lès-Œutrange en 1868-1920.
En allemand : Wollmeringen (1871-1918)
en luxembourgeois : Wöölmeréng, Wuelmeréng/Wuelmeréngen, Wollmeréng et Wëlmeréng.
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale de type germanique en -ing (comprendre -inga ou -ingen), dont le premier élément Volmer- représente un anthroponyme de même origine. Albert Dauzat propose le nom de personne Wolmar qu'il croit reconnaître également dans Volmerange-lès-Boulay (Wolmerenges XIIe siècle) et les types romans Vomécourt (Vosges, Volmaricurt 1003) et Vomécourt-sur-Madon (Vosges, Volmari curte au XIe - XIIe siècle).
Volmérange se trouve dans une couche toponymique géographique de toponymes germaniques.
Le suffixe -ange est la forme donnée (renommage administratif) à la place du suffixe germanique -ing (« domaine »), lors de l'avancée du Duché de Bar vers 1200.
Un patrimoine à découvrir
Ancien lavoir, au dos de l'actuel restaurant L'Entracte, construit durant la première moitié du XIXe siècle et détruit au début des années 1960. Une fresque représentant le lavoir a été peinte en 2001 côté rue du Cimetière.
Gare de Volmerange-les-Mines, desservie par les CFL.
Cimetière militaire du Hetschenberg, cimetière militaire français situé sur la côte du Hetschenberg. Il regroupait à l'origine des corps de soldats tués lors de la bataille du Hetschenberg en 1940 durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, il ne compte plus qu'une seule tombe, celle de Raymond Lerouge, les autres corps ayant été déplacés.
Église paroissiale Saint-Denis, construite en 1837 à la place d'une chapelle du XVIIe siècle.
Calvaire construit par les habitants de la commune en 1937 pour célébrer le centenaire de l'église.
2001 : Le Club des chômeurs d'Andy Bausch
Un village Volmerange est cité dans le poème d’Aragon, Le Conscrit des cent villages, écrit comme acte de Résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Sans autre précision de la part du poète, il peut s'agir au choix de :
Volmerange-les-Mines,
Volmerange-lès-Boulay,
tous deux situés dans le département de la Moselle.
Des vies liées à la commune
Félix Grat, historien et homme politique français mort en 1940 (capitaine dans l'armée française au 130ème régiment d'infanterie) sur la côte du Hetschenberg (dite côte 425) à Volmerange-les-Mines.
Le paysage et le village
Grâce à une courte pénétration en territoire français des chemins de fer luxembourgeois, Volmerange-les-Mines, bien que commune française, a la particularité d'avoir sur son sol une gare étrangère (non SNCF), qui est desservie uniquement par des trains des CFL et bénéficie donc de la gratuité de la seconde classe des trains en vigueur au Luxembourg.
Volmerange-les-Mines est située dans le département de la Moselle, à la frontière franco-luxembourgeoise. Les communes avoisinantes sont Kanfen, Ottange et Escherange côté français et Dudelange et Rumelange côté luxembourgeois.
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau de Volmerange.
Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Bassin ferrifère ».
